Bulletin électronique Mondialisation.ca
URL de cet article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25136
LIBYE : Les hélicoptères de combat préparent le débarquement
par Manlio Dinucci
|
|
Le 5 juin 2011
| |
Des
hélicoptères de combat sous commandement OTAN ont été utilisés pour la
première fois le 4 juin dans les opérations militaires en Libye :
annonce du quartier général allié à Naples. Ce sont des hélicoptères français Tigre et Gazelle et des Apache britanniques, dotés des armements les plus modernes. Parmi eux le missile étasunien à conduite laser Hellfire,
que les Tigre et Apache lancent à 8Kms de l’objectif, quand ils ne sont
pas encore en vue. Utilisé en Libye aussi par les avions télécommandés
étasuniens Predator/Reaper, il a une tête à fragmentation ou
thermobarique. Cette dernière, en explosant, crée un vide d’air qui
provoque la mort par asphyxie de toute personne se trouvant dans la
zone, même si elle est à l’intérieur d’édifices ou de refuges. Dans la
guerre de Libye, est certainement expérimenté aussi le Hellfire Romeo, le missile que Lockheed Martin a rendu encore plus destructeur.
![]()
En utilisant des hélicoptères d’attaque, l’OTAN non seulement intensifie l’offensive aérienne, mais (comme l’a écrit il manifesto
le 28 mai) prépare le terrain au débarquement de troupes. Les
hélicoptères qui sont en train d’attaquer en Libye sont ceux des navires
d’assaut amphibie Tonnerre (français) et Ocean
(britannique), postés face aux côtes libyennes sur lesquelles, au moment
opportun, ils pourront débarquer des milliers de soldats et d’armes
lourdes sur des engins rapides à coussin d’air. Le Tonnerre et l’Ocean
ont déjà effectué des tests d’interopérabilité avec des navires
étasuniens d’assaut amphibie analogues : ils peuvent donc utiliser les
véhicules aériens et de débarquement du groupe d’attaque amphibie,
conduit par le Uss Bataan, posté lui aussi en Méditerranée. Comme
le Congrès a confirmé l’opposition de Washington à envoyer des troupes
en Libye, pour ne pas s’embourber dans une autre guerre épuisante de
longue durée, le scénario qui se profile est celui d’un débarquement
-sous commandement et appui Usa- de troupes françaises, britanniques,
italiennes et autres, éventuellement sous l’égide d’ « Eufor Libya »
(Forces de l’Union européenne en Libye) pour « fournir de l’aide humanitaire aux civils libyens ».
L’intensification de l’offensive aérienne entre dans cette même stratégie. A la base de Gioia del Colle (Joie de la colline… NdT) (Bari), sont arrivées les Enhanced Paveway III :
des bombes à conduite laser d’une tonne, dont les têtes pénétrantes à
l’uranium appauvri et tungstène peuvent détruire des édifices renforcés.
Pour le moment ce sont les chasseurs bombardiers britanniques Eurofighter et Tornado
qui les utilisent, en décollant de la base des Pouilles. Ces bombes,
explique le secrétaire général britannique à la défense Liam Fox, « nous
permettent de protéger les civils et de réaliser les objectifs des
Nations Unies »[1].
En même temps, se trouve renforcé le blocus naval contre Tripoli. Et a commencé en Méditerranée la Phoenix Express
2011, manœuvre sous commandement étasunien à laquelle participent des
forces navales et terrestres de treize pays : Etats-Unis, Italie,
Espagne, Grèce, Malte, Croatie, Albanie, Turquie, Egypte, Algérie,
Tunisie, Maroc et Mauritanie. Cette opération aussi est dirigée depuis
Naples et supportée par les bases en Italie. Le pays qui -assure le
président de la république, Giorgio Napolitano- a tourné le dos aux
sales années du bellicisme fasciste et joue aujourd’hui un rôle de ferme
gardien de la paix.
Edition de dimanche 5 juin 2011 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio | |
