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L'Après-Veto sino-russe sur la Syrie:
Mensonges et larmes de crocodile
par Fida Dakroub
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Le 11 fevrier 2012
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Pour
faire disparaître la dernière illusion de la conjuration impérialiste
contre la Syrie, pour rompre complètement avec le mensonge, il fallait
que les auxiliaires habituels et poétiques de l’Empire étasunien au
Moyen-Orient – les émirats et sultanats mamelouks de la péninsule
Arabique – fussent enthousiastes à la « révolution démocratique », aux
manifestations « pacifiques » et aux réclamations de « justice » sociale
en Syrie ; il fallait aussi que le dernier vestige de cette conjuration
– le « Conseil national syrien », avec le rire grotesque de ses
membres, dénués de toute modestie – s’évanouît, comme le brouillard,
devant le vrai magister militum [1] étasunien ; il fallait encore que la
Ligue arabe, piratée par l’émirat du Qatar, appelât à l’intervention
militaire de l’OTAN dans les affaires intérieures de la Syrie – une
intervention qui aurait été justifiée évidemment par une résolution du
Conseil de sécurité de l’ONU ; il fallait, pour en finir, que la Chine
et la Russie opposassent leur veto au projet de résolution condamnant le
régime syrien, et angélisant par contre les groupes islamistes armés de
la prétendue « révolution » syrienne.
Du veto chinois et russe
Il est
clair d’emblée que si Moscou et Pékin n’avaient pas opposé leur veto au
projet de résolution sur la Syrie, les puissances impérialistes se
seraient précipitées au « secours » de l’humanité, de la justice et de
la « démocratie », avec leurs légions, leurs missiles Cruise et
Tomahawk, et leurs Forces spéciales. C’était la deuxième fois que ces
deux pays, membres permanents du Conseil de sécurité, ont empêché
l’Empire de faire passer une résolution qui permettrait plus tard à
s’intervenir militairement en Syrie ; le premier veto était imposé le 4
octobre dernier. Une telle opposition trouve sa signification dans la
détermination de Moscou et de Pékin à freiner les ambitions de l’Empire
étasunien à établir un nouveau « Califat » au Moyen-Orient, dirigé par
ses nouveaux alliés sur le terrain, les Frères musulmans et les groupes
islamistes wahabites.
Avant
toute chose, comment lire le double veto sino-russe loin des brouhahas
et des larmes de crocodile des responsables occidentaux et arabes
subordonnés ? D’ailleurs, une lecture soignée de « l’après veto » nous
mène à tirer plusieurs conclusions :
Premièrement,
ce qui fait de la deuxième opposition un veto « distinct » c’est
qu’elle a été suivie, quelques jours plus tard, d’une visite à Damas du
ministre des Affaires étrangères de la Russie, M. Sergueï Lavrov. C’est
la première fois que M. Lavrov visite Damas depuis le commencement du
cycle de violences, le 15 mars 2011.
Deuxièmement,
M. Lavrov est arrivé à la capitale des Omeyyades accompagné du
directeur du Service des renseignements extérieurs de la Fédération de
Russie (SVR), M. Mikhaïl Fradkov ; ce qui soulève plusieurs points
d’interrogation sur la nature et les objectifs d’une telle visite.
Troisièmement,
la visite de M. Lavrov aboutit, en effet, à l’accomplissement de deux
objectifs : primo, accélérer les réformes politiques et
constitutionnelles entamées par le régime syrien, dans le but de «
couper la route » aux ingérences atlantiques en Syrie sous prétextes «
philanthropes » ; secundo, voir
de près l’avancement des opérations militaires contre les groupes armés,
et les mesures qu’a prises l’armée syrienne pour reprendre contrôle des
villes et des régions « infestées ». Cela entraînerait, évidemment, une
collaboration certaine entre les services de renseignements des deux
pays dans la guerre contre le terrorisme sur le territoire syrien.
Quatrièmement,
la visite de M. Lavrov sert à expédier un message précis à plusieurs
destinataires, confirmant que le positionnement russe envers la Syrie et
son régime actuel se base sur des intérêts stratégiques structurels
dans la région, et non sur des chantages ni sur des « bargaining »
circonstanciels dans les coulisses du Conseil de sécurité. Ce qui mène à
dire aussi que ni la pression de l’Empire étasunien ne peut intimider
la Russie, ni les offres « généreux » des émirats et sultanats arabes du
Golfe n’aiguisent son appétit ; et que la Russie, en plus, n’est en
aucun point prête à laisser la Syrie et son régime tomber aux mains des
Atlantiques et leurs alliés sur le terrain, les islamistes wahabites.
Cinquièmement,
le veto sino-russe a été émis au moment où il était devenu de plus en
plus coûteux et difficile pour la Russie, membre du G8 et du G20, de
faire cavalier seul sur le dossier syrien. Ce qui réaffirme le
positionnement stratégique de la Russie dans la crise syrienne. Par
contre, les Occidentaux se montraient coriaces en déclarant que si la
Russie veut garder les avantages dont elle bénéficie sur les plans
intérieur et international, elle doit changer son attitude « déviante »
au Conseil de sécurité ; sinon elle risquerait de perdre sa place au
directoire mondial.
Sixièmement,
Pékin et Moscou sont déterminées à s’opposer de nouveau à une
résolution de qui ferait objet d’une mal interprétation menant à un
scénario catastrophique « à la libyenne ». C’est la première fois que la
Chine et la Russie opposent ensemble leur veto au même dossier, en
moins de quatre mois. Ce qui mène à dire que la Syrie et précisément le
régime Assad font désormais partie intégrale des intérêts stratégiques
de la Chine et de la Russie non seulement dans la région, mais dans le
monde aussi.
Septièmement,
la visite de M. Lavrov, accompagné du directeur du SVR, Mikhaïl
Fradkov, montre jusqu’à quel point la sécurité et la stabilité de la
Fédération de Russie dépend sur celles du Moyen-Orient, surtout celles
de la Syrie et de l’Iran. Les Russes et les Chinois ne font aucune
illusion que la conjuration atlantique, déguisée en costume de «
révolutions printanières », une fois réussie aux pays des Arabes,
pourrait s’étendre vers l’Est pour mettre les républiques musulmanes de
la Fédération de Russie – surtout la Tchétchénie –, ainsi que les
provinces du Nord-Ouest de la Chine – Xinjiang, Gansu et Ningxia [2] –
dont la stabilité est déjà fragile, les mettre en état d’ébullition.
Huitièmement,
en opposant leur veto pour la deuxième fois, Moscou et Pékin
déterminent les principes sur lesquels doit s’établir n’importe quelle
future solution de la crise syrienne. Nous résumons ces principes en
quatre points : 1) Non à l’intervention militaire étrangère en Syrie ;
2) Non au renversement du président Assad ; 3) Non à la chute des villes
syriennes aux mains des groupes armés ; 4) Oui au dialogue constructif
entre le régime et l’opposition non armée, menant à des réformes
politiques et constitutionnelles, sous la direction du président Assad.
Neuvièmement,
la prétendue « opposition » syrienne, en refusant les réformes entamées
par le régime et en rejetant les appels au dialogue, se trouve
responsable de l’accélération des cycles de violences en Syrie, de la
destruction de l’infrastructure et des établissements de l’État, ainsi
que des pertes humaines. Il est devenu clair que la présumée «
opposition pacifique » n’existe point ; et que les confrontations sur le
terrain se déroulent maintenant entre l’armée syrienne et les agents de
l’ordre d’un côté, et les groupes islamistes armés, les milices
étrangers et les soldats désertés de la soi-disant « Armée syrienne
libre », de l’autre côté. Par conséquent, tout projet de résolution
du Conseil de sécurité condamnant les violences en Syrie doit prendre
en considération ces faits réels ; sinon, aucun projet ne pourrait
passer dans le futur.
Dixièmement,
le veto sino-russe démasque la propagande occidentale et arabe
subordonnée prétendant que la violence en Syrie vient d’une seule
source, celle du régime. M. Lavrov a confirmé aussi que la raison pour
laquelle la Russie a accepté l’initiative de la Ligue arabe, c’est
qu’elle avait plaidé pour une fin à la violence « peu importe la source
d’où elle vient ». Cependant, nous remarquons que le dernier projet de
résolution au Conseil de sécurité a incriminé le régime syrien et
angélisé les groupes armés. Le ministre des Affaires étrangères russe a
souligné aussi que la résolution avait dû contenir non seulement des
slogans, mais aussi des étapes précises à prendre pour mettre fin à la
violence venant des deux camps : « Ces mesures ont été décrites en
détail, mais seulement d'un côté - celui du gouvernement [syrien] » a
déclaré M. Lavrov. « Nous avons présenté plusieurs amendements afin
d'éliminer ce déséquilibre et décrire les mesures concrètes que nous
attendons de l'opposition et la communauté internationale concernant les
extrémistes armés en Syrie » [3].
Pluie hystérique en Occident
Suite
au veto sino-russe, des réactions hystériques ont rempli la salle du
Conseil de sécurité en provenance, évidemment, des ambassadeurs, mais
surtout des ambassadrices, des pays occidentaux, qui ont exprimé leur «
dégout » de la position de Pékin et de Moscou. La plus remarquable de
ces réactions était celle de l’ambassadrice de l’Empire auprès du
Conseil de sécurité, Susan Rice, qui s’est notamment déclarée « dégoutée
» [4] par le veto. De son côté, le ministre français de la Défense,
Gérard Longuet, a décrit la Russie et la Chine comme des pays qui «
méritent des coups de pied au cul » [5] ; ce qui constitue, en effet,
une rupture avec le traditionnel langage diplomatique, et montre en même
temps jusqu’à quel point la vulgarité des responsables de l’Empire est
arrivée dans le domaine de l’échange verbal sur la scène diplomatique.
De sa part, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a attaqué «
ceux qui financent encore le régime et envoient des armes qui sont
utilisées contre des Syriens sans défense, dont des femmes et des
enfants» [6] et a qualifié le vote à l’ONU de « parodie ». Peut-être, il
fallait rappeler à Mme Clinton que s’il est vrai que l’opposition
sino-russe au projet de résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie
constituait une « parodie », il
est non moins vrai que les 48 vetos étasuniens opposés aux projets de
résolution visant la protection du peuple palestinien de l’atrocité
israélienne formaient les scènes et les actes d’une « farce » réelle
[7]. À Paris, son homologue français, Alain Juppé, a assuré que l’Union
européenne n’allait pas « rester les bras croisés » après cet échec
diplomatique : « Nous allons aider l’opposition syrienne à se
structurer, à s’organiser, l’Europe va encore durcir les sanctions qui
sont imposées au régime syrien et puis nous allons essayer de faire
monter cette pression internationale et il y a bien un moment où le
régime sera obligé de constater qu’il est totalement isolé et qu’il ne
peut pas continuer », a-t-il insisté. Nous ne pouvons que mentionner –
pour en finir avec la colère occidentale – le ministre belge des
Affaires étrangères, Didier Reynders, qui a également estimé que « de
nouvelles mesures restrictives » devaient être prises à l’encontre du
régime [8] .
Ainsi, tous les éléments d’une nouvelle tragédie atlantique, intitulée « Supplice des Syriens », se formèrent :
« Ô revers! Revers terrible, inouï, épouvantable! Hélas! Hélas ! Affreuse nouvelle ! » [9]
Mensonges atlantiques et larmes de crocodile arabes
Sans
nul doute, le veto sino-russe a démasqué les mensonges de certains
dirigeants arabes et atlantiques effectivement engagés dans la
conjuration impérialiste contre la Syrie ; et les a poussés, par
conséquent, à se précipiter dans l’amphithéâtre flavien [10] de l’Empire
étasunien, non comme
gladiateurs qui se battent entre eux dans un « munus » [11] sacré, mais
bien plutôt comme lanistes [12] qui entraînent, dans un « ludus » [13]
profane, les « fauves » des groupes islamistes armés ; car il ne reste
plus secret que ceux qui soutiennent, financent et arment les groupes
armés en Syrie sont proches de Caesar.
En
plus, des cris hypocrites s’élevaient dans l’arène, réclamant une
réforme du droit de veto à l’ONU ; nous distinguâmes parmi ces cris ceux
des dirigeants arabes, dociles à l’Empire, hurlant « Ave Caesar,
morituri te salutant » [14] ; nous entendîmes ceux du premier ministre
qatari, le cheikh Hamad, s’habillant, cette fois-ci, en Crixus [15]
, estimant que le veto sino-russe donnait « le droit de tuer » au
président Assad [16] ; nous entendîmes le premier ministre tunisien,
déguisé en Retiarius [17],
appelant la communauté internationale à rompre ses relations
diplomatiques avec Damas : « C’est un droit dont on abuse. La communauté
internationale doit réviser ce genre de mécanisme », s’exclama-t-il [18]
; nous entendîmes, enfin, le ministre turc des Affaires étrangères,
Davutoglu, portant l’uniforme de Spartakus, hurler son indignation la
plus brillante depuis le seuil de sa Sublime Porte : « la Russie et la
Chine n’ont pas voté en prenant en compte les réalités, mais contre
l’Ouest (...) Nous devons maintenant discuter de l’utilisation du droit
de veto. »
Bravo Hamad ! Bravo Davutoglu ! César vous salue !
Maintenant que nous avons fortement applaudi, et que les gladiateurs avaient bien joué leur « ludus » profane, il
nous reste à dire que nous n’avions entendu aucune inquiétude, aucune
indignation, aucune déclaration de type « hystérique » – comme l’a bien
noté M. Lavrov [19] –, appelant à
reformer le droit de veto, lorsque l’Empire avait émis, une
cinquantaine de fois, ses vetos aux projets de résolutions visant à
dénoncer l’agression israélienne contre les peuples de la région. En
effet, nous aurions été amplement ravis si leur Majesté, les monarques
absolus des émirats et sultanats arabes du Golfe, ainsi que les nouveaux
califes ottomans d’Ankara avaient chevauché au Conseil de sécurité pour
mettre fin à la mascarade du veto étasunien chaque fois qu’il
s’agissait de protéger le peuple palestinien, enchaîné à son supplice
depuis six décennies et quelque, comme Prométhée à son rocher dans les
montagnes du Caucase [20]. Par ailleurs, aux côtés des citoyens de Gaza,
aucune voix réputée humanitaire, ni des Césars étasuniens, ni des
gladiateurs des provinces européennes [21], ni des lanistes arabes du
Golfe ! Sans autres moyens de protester que l’indignation elle-même, les
Palestiniens résistent au siège et à la soldatesque israélienne plus
longtemps qu'aucune ville dans l’histoire, depuis Leningrad, pourvue de
tout l'appareil de survie, ne résista à une telle fraction, celle de
l'atrocité israélienne coalisée avec les mensonges arabes et
l’hypocrisie occidentale.
En
Palestine, les colons poursuivent leurs attaques contre les Palestiniens
au su et au vu du monde entier. Les forces de l’occupation ont avisé
les habitants d’un petit village, au nord de la vallée du Jourdain, que
leurs maisons et étables seront détruites [22]. Ce calvaire du peuple
palestinien constitue le crime le plus ineffable de l’histoire
contemporaine.
Parallèlement
aux mensonges atlantiques et arabes subordonnés, les Césars
impérialistes se démasquent, chaque fois qu’ils prononcent leurs
discours philanthropes. La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine
Ashton, a pour sa part exhorté
les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre leurs
responsabilités et à «agir sans plus tarder» pour mettre fin aux
violences en Syrie : « Je suis horrifiée par la situation en Syrie, où
le régime poursuit son impitoyable et scandaleuse campagne de répression
contre le peuple syrien », a affirmé Mme Ashton dans un communiqué [23]
; « Le temps est venu pour tous les membres du Conseil de sécurité de
l'ONU de se mettre aux côtés du peuple syrien », a-t-elle dit en
rappelant que l'UE soutenait les initiatives de la Ligue arabe pour «
mettre fin à la crise » en Syrie [24]. Ce qui nous étonne ici ce n’est
pas l’inquiétude de Mme Ashton, mais bien plutôt le fait qu’elle avait
pu demeurer « calme et silencieuse », elle qui paraît être très sensible
aux images de violences en provenance de la Syrie, elle était restée «
calme et silencieuse » au vu des images provenant de Gaza et des
territoires occupés, où des civils palestiniens tombaient victimes de
l’atrocité de la soldatesque israélienne.
L’Après-Veto ou le commencement d’un « Apocalypse Now »
Dans
une déclaration à la télévision syrienne, le directeur de l’«
Établissement du monde uni de la recherche et de l’information », M.
Saïd Doudine, a fait état d'une coordination américaine, israélienne et
arabe docile pour la mise en exécution du plan visant à imposer
l'hégémonie colonialiste à la région tout entière. M. Doudine a indiqué
aussi que le plan occidental suspect contre la Syrie s'était cristallisé
après l'an 2006 au moment où l'OTAN, conscient de l'incapacité d'Israël
à l'exécuter seul, avait décidé d'y faire adhérer la Turquie et Qatar.
Il a fait noter que les pétrodollars du Golfe, qui faisaient défaut au
monde arabe, s'employaient dans des actions étrangères, et pour l'achat
des armes qui serviraient à l'exécution des plans d'invasion de la
région [25].
De
surcroît, l’application sur le terrain de ce plan nous a été révélée
récemment, après que plusieurs médias avaient rapporté la participation
de troupes qataries et britanniques dans les combats qui se déroulent à
Homs [26]. Mieux encore, le
président de la commission des Affaires étrangères de la Douma, Alexei
Pushkov, a indiqué la présence de troupes étrangères sur le territoire
syrien, engagées dans des combats de villes contre l’armée syrienne : «
Selon des rapports qui ont été vérifiés, des troupes commandos
étrangères ont été déployées en Syrie », a déclaré aux journalistes M.
Pouchkov ; « S’il arrive que ces rapports sont prouvés vrais, le même
scénario libyen serait appliqué en Syrie » [27].
En effet, l’engagement militaire de troupes atlantiques et arabes dans
les combats en Syrie occupait une priorité sur l’agenda du président
Assad pendant sa réunion avec le directeur du SVR, Mikhaïl Fradkov [28].
Face à
ces rapports indiquant le déploiement de troupes atlantiques et arabes
en Syrie, le quotidien chinois, Renmin Ribao, a rapporté, de son côté,
le déploiement de 15,000 combattants iraniens de la brigade al-Quds dans
des régions considérées stratégiques sur le territoire syrien [29]. Les
mêmes informations ont été aussi rapportées par le quotidien israélien
Haaretz. Cependant, les autorités iraniennes n’ont jusqu’à présent ni
confirmé ni rejeté ces rapports.
Il en
reste à ajouter que devant la multiplication rapide des rapports et des
rumeurs sur le déploiement de troupes étrangères, il paraît que les
puissances impérialistes, suivies de leurs "cavaliers" arabes du Golfe,
sont déterminées à s’aventurer de nouveau au Moyen-Orient, et cela en
appliquant le même scénario « humanitaire » déjà joué en Libye.
Voici
les legati [30] impériaux se précipitent au secours de leur militia
caligata [31] islamistes, pour que le dépeçage du Moyen-Orient en une
multitude d’États-Tribus minuscules soit accompli. N’est-il pas vrai
qu’en Libye, les feux d’artifice du « Conseil national de Transition »
se sont transformés en fusées incendiaires de l’OTAN ? « Ô nocturne
apparition d'un songe, que tu m'annonçais clairement ces malheurs ! »
[32].
Fida Dakroub, Ph.D
Notes [1]Avec la déliquescence de l'empire d'Occident, le magister militum était en fait l'homme fort de l'empire, le véritable chef de toutes les forces romaines. Le plus célèbre d'entre eux était Flavius Aetius, à qui l'on doit la victoire sur les Huns d’Attila aux champs Catalauniques (juin 451 ÈC.).
[2] Un récent recensement totalise 20 millions de musulmans en Chine.
[6] http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une+%28Slideshow%29/article/743708/Indignation_generale_apres_le_veto_sino-russe_a_l%27ONU.html
[7] http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/UN/usvetoes.html
[9] Le
cri qu’a poussé le Chœur à l’arrivée du Courrier annonçant la défaite
des Perses, dans la tragédie d’Eschyle, « Les Perses ».
[10]
L’amphithéâtre flavien est un amphithéâtre elliptique situé dans le
centre de la ville de Rome, entre l’Esquilin et le Caelius, le plus
grand jamais construit dans l’Empire romain.
[11] Munus (plur. munera) : combat de gladiateurs. À l'origine, « cadeau » offert à l'occasion de funérailles.
[12] Le
laniste (de l'étrusque lanista) est celui qui exerçait des gladiateurs à
combattre et leur enseignait leur art. C’était l'instructeur et le
maître d'armes qui exerçait les compagnies appartenant à l'État.
[13] Jeux donné à date fixe ou en des circonstances particulières, pour célébrer une fête ou un évènement exceptionnel.
[14] « Avé César, ceux qui vont mourir te saluent »
[15] Mort
en 73(AÈC), Crixus, fut un des chefs, aux côtés de Spartacus et
d’Oenomaus, de la rébellion d’esclaves qui entraîna la troisième Guerre
serville.
[17]
gladiateur léger, équipé d'un trident, d'un filet et d'un poignard. Il
ne portait pas de casque, sa seule protection était le galerus et la
"manica".
[18] http://www.24heures.ch/monde/Indignation-mondiale-apres-le-veto-sinorusse-a-lONU/story/31702156
[20] Dans
la mythologie grecque, Prométhée est un Titan. Il est connu pour son
intervention dans plusieurs mythes anthropogéniques : création des
hommes à partir d'argile et d'eau et vol du « savoir divin » (le feu
sacré de l’Olympe) pour l’offrir aux humains. Courroucé par ses excès,
Zeus, le roi des dieux, le condamne à finir enchaîné et torturé sur le
Mont Caucase. Il lui inflige aussi un supplice. Héphaïstos l’enchaîne nu
à un rocher dans les montagnes du Caucase, où un aigle vient lui
dévorer le foie chaque jour. Sa souffrance devient ainsi infinie, car
chaque nuit son foie repoussait.
[21] Le
mot province vient du latin provincia qui signifie « pays vaincu ».
Allusion à l’Europe qui a été envahie par les légions de l’Empire en
1944.
[30] Le
legatus (pl. legati) est grade militaire signifiant un adjoint du
commandant de l’armée romaine. Le legatus peut être délégué au
commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion. Ce mot
provient du verbe latin legare qui signifie « envoyer avec une mission
», « nommer comme lieutenant ».
[31]
Grade militaire de l’armée romaine équivalent de sous-officier. La
militia caligata se constitue d’hommes de troupe, individuellement
appelés miles.
[32] Atosse s’adressant au Chœur dans la tragédie d’Eschyle, « Les Perses ».
Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub
est écrivaine et chercheure du « Groupe de recherche et d'études sur
les littératures et cultures de l'espace francophone » (GRELCEF) à
l’Université Western Ontario. Elle est l’auteur de « L’Orient d’Amin
Maalouf, Écriture et construction identitaire dans les romans
historiques d’Amin Maalouf » (2011).
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