26 mai 2011
La
valise diplomatique
Une
page se tourne pour la Serbie
L'arrestation de Ratko Mladic
par
Jean-Arnault Dérens
« Une journée historique pour la justice internationale » : c'est en
ces termes que M. Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations unies, a salué
l'arrestation de M. Ratko Mladic, en cavale depuis quinze ans. Mme Catherine
Ashton, la haute représentante pour la politique extérieure de l'Union
européenne, en visite ce jeudi à Belgrade, a souhaité son transfert « le plus
rapidement possible » devant le Tribunal pénal international pour
l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye.
Rien ne laissait présager l'imminence de l'opération. M. Ratko Mladic a été
arrêté par les unités spéciales de la police serbe dans le petit village de
Lazarevo, près de Zrenjanin, dans le nord du pays, où il se dissimulait sous
l'identité de Milorad Komanic. Les circonstances exactes de l'arrestation ne
sont pas encore connues, mais, d'après la radio serbe B92, les habitants du
village ignoraient l'existence de ce Milorad Komanic. M. Mladic n'aurait opposé
aucune résistance, et se serait même montré très « coopératif ».
Considéré comme le principal responsable du massacre de Srebrenica, en juillet 1995, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie-Herzégovine est accusé de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Durant quinze années d'une longue cavale, il a bénéficié de multiples protections, principalement auprès de l'armée et des services secrets militaires serbes. Durant près d'une décennie, M. Mladic a vécu dans des casernes, avant de devoir passer à une clandestinité un peu plus stricte. Il aurait principalement résidé à Belgrade, changeant très régulièrement de domicile, et protégé par un petit groupe de fidèles. En 2005, une télévision de Bosnie-Herzégovine avait encore pu diffuser des images du fugitif, qui semblait mener une vie tranquille.
L'arrivée au pouvoir d'une coalition pro-européenne en Serbie, en mai 2008, a toutefois changé la donné. Quelques semaines après la formation du nouveau gouvernement, le 21 juillet 2008, M. Radovan Karadzic, l'ancien président des Serbes de Bosnie, était arrêté en plein centre de Belgrade, où il vivait sous une identité d'emprunt : celle du « bon docteur Dabic », spécialiste de médecine naturelle. Selon les premières informations communiquées par la police, il ne semble pas que M. Mladic, contrairement à M. Karadzic, ait modifié son apparence physique, mais il aurait « beaucoup vieilli ».
Cette arrestation représente un immense succès pour les autorités serbes, régulièrement critiquées par la communauté internationale pour leur coopération insuffisante avec la justice internationale. Il y a quelques jours, le procureur général du TPIY, M. Serge Brammertz, avait encore rendu un rapport très critique pour Belgrade. Le dernier obstacle sur la voie de son intégration européenne est désormais levé. La Serbie espère obtenir le statut de pays candidat d'ici la fin de l'année, même si certains pays européens, comme les Pays-Bas, demeurent très réservés (...)
Considéré comme le principal responsable du massacre de Srebrenica, en juillet 1995, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie-Herzégovine est accusé de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Durant quinze années d'une longue cavale, il a bénéficié de multiples protections, principalement auprès de l'armée et des services secrets militaires serbes. Durant près d'une décennie, M. Mladic a vécu dans des casernes, avant de devoir passer à une clandestinité un peu plus stricte. Il aurait principalement résidé à Belgrade, changeant très régulièrement de domicile, et protégé par un petit groupe de fidèles. En 2005, une télévision de Bosnie-Herzégovine avait encore pu diffuser des images du fugitif, qui semblait mener une vie tranquille.
L'arrivée au pouvoir d'une coalition pro-européenne en Serbie, en mai 2008, a toutefois changé la donné. Quelques semaines après la formation du nouveau gouvernement, le 21 juillet 2008, M. Radovan Karadzic, l'ancien président des Serbes de Bosnie, était arrêté en plein centre de Belgrade, où il vivait sous une identité d'emprunt : celle du « bon docteur Dabic », spécialiste de médecine naturelle. Selon les premières informations communiquées par la police, il ne semble pas que M. Mladic, contrairement à M. Karadzic, ait modifié son apparence physique, mais il aurait « beaucoup vieilli ».
Cette arrestation représente un immense succès pour les autorités serbes, régulièrement critiquées par la communauté internationale pour leur coopération insuffisante avec la justice internationale. Il y a quelques jours, le procureur général du TPIY, M. Serge Brammertz, avait encore rendu un rapport très critique pour Belgrade. Le dernier obstacle sur la voie de son intégration européenne est désormais levé. La Serbie espère obtenir le statut de pays candidat d'ici la fin de l'année, même si certains pays européens, comme les Pays-Bas, demeurent très réservés (...)
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la suite de cet article inédit de Jean-Arnault Dérens :